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SAINT-PONT |
Alain BORNE |
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(en bas de page, exposition des
œuvres du poète ‘Alain BORNE’, inaugurée en première à
Saint-Pont) C’est dans le calme de la
grande demeure familiale entourée d’un vaste parc que naît Alain BORNE,
le 12 janvier 1915 à SAINT-PONT. Saint-Pont c’est le pays de
sa mère, femme menue, sensible et délicate qui revient alors vers les siens
où elle trouve le réconfort qu’autorisent les circonstances : le
père d’Alain, un robuste ardéchois, est à la guerre. Choyé par sa mère, sa grand-mère,
ses tantes, c’est à Saint-Pont que s’écouleront les cinq
premières années du jeune Alain. « Ne
me parle pas de mon enfance c’est un jardin
de roses où passent et repassent
des heures brûlantes » On comprend l’influence et
l’attirance que le charme de ce lieu opèrera sur lui. Rêves de
l’adolescence, communion avec la nature, approche de la vie de tous les
jours si colorée, si émouvante. « Dis-moi que tout n’est pas fini de mon enfance que je n’ai pas épuisé les jeux ceux où l’on rampe, ceux où l’eau coule dans la poussière, que je rirai de nouveau dans un tablier blanc. » La guerre finie, la
famille s’installe près de Privas : « J’avais
été la proie de quatre femmes dans A présent je voyais
surgir des géants secoués de rires qui ébranlèrent les montagnes et mon âme de leurs
coups de feu. » Puis à
Montélimar : études secondaires ;
études de droit ; Alain BORNE sera avocat. Jamais il
n’oubliera Saint-Pont. Trente ans plus tard il écrira : « je suis né en ce doux pays qui est beau comme une
balade ancienne, qui n’est monotone non plus qu’une balade, où les mêmes beaux éléments reparaissent un peu changés
jusqu’à l’ennui final. Ce pays de haies, de prairies, de coteaux à peine inclinés,
de calmes cours d’eau et de peupliers » Lorsqu’il exprimait un tel
attachement à son pays natal, Alain BORNE avait choisi son lieu de vie. En effet, il refusa la vie à Paris
pleine de ferments et d’agitation. Il préféra pour la qualité de son
œuvre, le calme de la province. Mais en province, plus qu’à
Paris, on n’enfreint pas les principes moraux hérités de
l’éducation maternelle. Ceci explique la retenue dont il ne se départit
jamais et son refus de laisser publier alors certains de ses poèmes. « Oui j’ai baisé ta bouche chaude j’ai sculpté ton visage j’ai mesuré ton corps je suis resté le long de toi mais je n’ai pas pleuré que nos sangs soient
distincts. » Quelques années après sa mort
Alain BORNE était encore méconnu du grand public alors que son œuvre,
bien que des plus discrète, n’en était pas moins reconnue par ses pairs
comme l’une des premières de notre époque. A mon grand étonnement, dès mon
arrivée à Saint-Pont et pendant des années, lorsque j’évoquais son nom
dans le village, je me heurtais à un mur de silence ou d’ignorance.
J’interrogeais tout de même autour de moi, et je me souviens que seules
deux ou trois personnes consentirent à me livrer par bribes, quelques
souvenirs de ce beau jeune homme, secret et solitaire, aperçu ou côtoyé à l’occasion
de ses séjours au château, en compagnie de sa mère. Il n’en fallait pas plus
pour attiser ma curiosité. Je me procurais plusieurs recueils de ses poèmes. « Ne regrette pas que la nuit soit venue plus tôt avec
l’ondée le beau noir pluvieux du velours de l’été enserre la terre ne regrette pas la lumière les formes sont mortes les arbres se figent au-delà des vitres Il n’y a que la petite lampe de la chambre Et ce papier où je vois trembler d’autres temps Ecoute le sable blessé Plus aucun pas sur l’allée Ecoute l’air Plus aucun vol plus aucun vent Ecoute la pensive pluie aveugle tâtonner « voici dit-elle la terre tiède voici ses feuilles et ses maisons voici l’odeur de ses moissons et la margelle brûlée des puits voici, dit-elle, je viens avec la nuit blanche sur son front noir » « écoute le destin entravé qui frappe ta vie se ferme : ouvre la porte à ton enfance » Il me semble maintenant
qu’une fenêtre s’est entrouverte sur sa poésie, simple comme la vie,
l’amour, la mort : l’enfance de la vie, un amour démesuré de
l’amour, l’angoisse de la mort, et sur l’homme ; ses
passions, ses découragements, son immense bonté, son épouvante devant toutes
les formes de la médiocrité, son profond engagement dans les grandes causes
humaines. Alain BORNE écrit parce
qu’il aime et c’est de Saint-Pont où « il pose son visage blessé contre la grille
et regarde le parc fardé de trop de fleurs » que va jaillir la source
intarissable de cette poésie sensuelle, érotique et tragique. Peu de mots
pour tout saisir, mais des mots lourds de sens, légers de nuance. « Je vais t’aimer je vais ne plus rien vouloir dans mes yeux que ton visage je vais ne supporter mes mains que caressant ton corps je vais n’accepter l’espace que si tu l’occupes je vais n’être rien qu’à l’instant de te posséder …. » Un soir d’hiver,
traîtreusement, sur une route, loin de son Bourbonnais natal, la mort vint
frapper le poète. « Ne m’éveillez pas si un jour je dors ne soyez pas triste si un jour j’ai cessé pour jamais d’être triste » A la mairie, dans un registre
d’Etat Civil, écrit en marge de l’acte de naissance de Marie
Joseph Alain BORNE, d’une fine écriture à l’encre violette, on
peut lire : « décédé à Lapalud (Vaucluse) le 21 décembre 1962 ». Pierre PRADE EXPOSITION DES ŒUVRES
de Alain BORNE Exposition
réalisée par l’association « L’Allier
à livre ouvert » présentée à SAINT PONT à l’occasion de sa
première sortie. Illustration
de Pierre LAFOUCRIERE Textes
d’Isabelle TETY Avec
la collaboration de Diaporama
réalisé par Plantes
prêtées par le cactérium BOUZAIRES de COGNAT LYONNE Sculptures prêtées par l’atelier DOLIENA de SAINT PONT Cette
exposition à été inaugurée le 6 septembre à la salle
polyvalente de SAINT PONT en présence de nombreux invités. Elle
est visible jusqu’au 26 septembre salle de En images à la salle polyvalente ….
En images à la salle de
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