SAINT-PONT

Alain BORNE

Wb01243_.gif (431 octets)Le Conseil Municipal

Wb01243_.gif (431 octets)Situation Géographique

Wb01243_.gif (431 octets)Découvrir Saint Pont

Wb01243_.gif (431 octets)Bibliothèque

Wb01243_.gif (431 octets)Ecole R. P. I.

Wb01243_.gif (431 octets)Vie Associative

Wb01243_.gif (431 octets)Agenda

Wb01243_.gif (431 octets)Contact-Plan du site

 

   Alain_Borne.jpg (10687 octets)

(en bas de page, exposition des œuvres du poète ‘Alain BORNE’, inaugurée en première à Saint-Pont)

 

C’est dans le calme de la grande demeure familiale entourée d’un vaste parc que naît Alain BORNE, le 12 janvier 1915 à SAINT-PONT.

 

Saint-Pont c’est le pays de sa mère, femme menue, sensible et délicate qui revient alors vers les siens où elle trouve le réconfort qu’autorisent les circonstances : le père d’Alain, un robuste ardéchois, est à la guerre.

 

Choyé par sa mère, sa grand-mère, ses tantes, c’est à Saint-Pont que s’écouleront les cinq premières années du jeune Alain.

 

 « Ne me parle pas de mon enfance

c’est un jardin de roses

où passent et repassent des heures brûlantes »

 

 

On comprend l’influence et l’attirance que le charme de ce lieu opèrera sur lui. Rêves de l’adolescence, communion avec la nature, approche de la vie de tous les jours si colorée, si émouvante.

 

« Dis-moi que tout n’est pas fini de mon enfance

que je n’ai pas épuisé les jeux

ceux où l’on rampe,

ceux où l’eau coule dans la poussière,

que je rirai de nouveau dans un tablier blanc. »

 

La guerre finie, la famille s’installe près de Privas :

 

« J’avais été la proie de quatre femmes dans la Plaine.

A présent je voyais surgir des géants secoués de rires qui ébranlèrent les montagnes

et mon âme de leurs coups de feu. »

 

Puis à Montélimar : études secondaires ;  études de droit ; Alain BORNE sera avocat.

Jamais il n’oubliera Saint-Pont. Trente ans plus tard il écrira :

 

« je suis né en ce doux pays qui est beau comme une balade ancienne,

qui n’est monotone non plus qu’une balade,

où les mêmes beaux éléments reparaissent un peu changés jusqu’à l’ennui final.

Ce pays de haies, de prairies, de coteaux à peine inclinés, de calmes cours d’eau et de peupliers » 

 

Lorsqu’il exprimait un tel attachement à son pays natal, Alain BORNE avait choisi son lieu de vie.

En effet, il refusa la vie à Paris pleine de ferments et d’agitation. Il préféra pour la qualité de son œuvre, le calme de la province.

 

Mais en province, plus qu’à Paris, on n’enfreint pas les principes moraux hérités de l’éducation maternelle. Ceci explique la retenue dont il ne se départit jamais et son refus de laisser publier alors certains de ses poèmes.

 

« Oui j’ai baisé ta bouche chaude

j’ai sculpté ton visage

j’ai mesuré ton corps

je suis resté le long de toi

mais je n’ai pas  pleuré que nos sangs soient distincts. »

 

Quelques années après sa mort Alain BORNE était encore méconnu du grand public alors que son œuvre, bien que des plus discrète, n’en était pas moins reconnue par ses pairs comme l’une des premières de notre époque.

 

A mon grand étonnement, dès mon arrivée à Saint-Pont et pendant des années, lorsque j’évoquais son nom dans le village, je me heurtais à un mur de silence ou d’ignorance. J’interrogeais tout de même autour de moi, et je me souviens que seules deux ou trois personnes consentirent à me livrer par bribes, quelques souvenirs de ce beau jeune homme, secret et solitaire, aperçu ou côtoyé à l’occasion de ses séjours au château, en compagnie de sa mère.

 

Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité. Je me procurais plusieurs recueils de ses poèmes.

 

« Ne regrette pas que la nuit soit venue plus tôt avec l’ondée

le beau noir pluvieux du velours de l’été

enserre la terre

ne regrette pas la lumière

les formes sont mortes

les arbres se figent au-delà des vitres

 

Il n’y a que la petite lampe de la chambre

Et ce papier où je vois trembler d’autres temps

Ecoute le sable blessé

Plus aucun pas sur l’allée

Ecoute l’air

Plus aucun vol plus aucun vent

Ecoute la pensive pluie aveugle tâtonner

 

« voici dit-elle la terre tiède

voici ses feuilles et ses maisons

voici l’odeur de ses moissons

et la margelle brûlée des puits

voici, dit-elle, je viens avec la nuit

blanche sur son front noir »

 

« écoute le destin entravé qui frappe

ta vie se ferme : ouvre la porte à ton enfance »

 

Il me semble maintenant qu’une fenêtre s’est entrouverte sur  sa poésie, simple comme la vie, l’amour, la mort : l’enfance de la vie, un amour démesuré de l’amour, l’angoisse de la mort,

et sur l’homme ; ses passions, ses découragements, son immense bonté, son épouvante devant toutes les formes de la médiocrité, son profond engagement dans les grandes causes humaines.

 

Alain BORNE écrit parce qu’il aime et c’est de Saint-Pont où

 

« il pose son visage blessé contre la grille et regarde le parc fardé de trop de fleurs »

 

que va jaillir la source intarissable de cette poésie sensuelle, érotique et tragique. Peu de mots pour tout saisir, mais des mots lourds de sens, légers de nuance.

 

 

« Je vais t’aimer

je vais ne plus rien vouloir

dans mes yeux que ton visage

je vais ne supporter mes mains

que caressant ton corps

je vais n’accepter l’espace

que si tu l’occupes

je vais n’être rien

qu’à l’instant de te posséder …. »

 

Un soir d’hiver, traîtreusement, sur une route, loin de son Bourbonnais natal, la mort vint frapper le poète.

 

« Ne m’éveillez pas

si un jour je dors

ne soyez pas triste

si un jour

j’ai cessé pour jamais d’être triste »

 

A la mairie, dans un registre d’Etat Civil, écrit en marge de l’acte de naissance de Marie Joseph Alain BORNE, d’une fine écriture à l’encre violette, on peut lire : « décédé à Lapalud (Vaucluse) le 21 décembre 1962 ».

 

Pierre PRADE

 

EXPOSITION DES ŒUVRES de Alain BORNE

 

Exposition réalisée par l’association « L’Allier à livre ouvert » présentée à SAINT PONT à l’occasion de sa première sortie.

Illustration de Pierre LAFOUCRIERE

Textes d’Isabelle TETY

Avec la collaboration de la Médiathèque intercommunale de MONTELIMAR

Diaporama réalisé par la Mairie de SAINT PONT

Plantes prêtées par le cactérium BOUZAIRES de COGNAT LYONNE

Sculptures prêtées par l’atelier DOLIENA de SAINT PONT

 

Cette exposition à été inaugurée le 6 septembre à la salle polyvalente de SAINT PONT en présence de nombreux invités.

Elle est visible jusqu’au 26 septembre salle de la Mairie.

 

En images à la salle polyvalente ….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En images à la salle de la Mairie.

 

 

 

 

 

 

 

 Wb01243_.gif (431 octets) Vivre à Saint-Pont     Wb01243_.gif (431 octets)L'Eglise                Wb01243_.gif (431 octets)Le Château

Wb01243_.gif (431 octets)A. Borne                       Wb01243_.gif (431 octets)L. Lasteyras        Wb01243_.gif (431 octets)l'eau